Comment utiliser les huiles essentielles en toute sécurité

Bien utiliser les huiles essentielles

J’ai lu aujourd’hui un article affirmant que les huiles essentielles sont largement utilisées par la population française, particulièrement par les femmes. Mais, continuent les auteurs, les huiles essentielles sont peu réglementées et une mauvaise utilisation peut être dangereuse.

Cet article m’a rappelé l’histoire d’une femme que j’ai rencontrée lors d’un marché. Elle refusait d’utiliser des huiles essentielles suite à une mauvaise expérience. Elle avait dans le passé utilisé des huiles essentielles pour un problème d’acné, mais la pharmacienne lui avait dit d’utiliser l’huile pure sur la peau. Bien sûr, ça a été une catastrophe… Son histoire m’a convaincue qu’il fallait mieux informer la population, et les professionnel de santé, sur les huiles essentielles. C’est donc ce que je vais essayer de faire dans ce post.

1. Les différentes façons d’utiliser les huiles essentielles

Il y en a trois principales :

  • La diffusion / l’inhalation : Plutôt utilisée pour les effets sur l’humeur (anti-déprime, effet tonique…) et pour assainir l’atmosphère. Efficace aussi pour les infections respiratoires et rhumes. On peut diffuser à l’aide d’un brûleur de parfum, ou tout simplement en mettant les huiles dans une coupelle en céramique sur un radiateur. Pour une inhalation, on peut opter pour la technique de la vielle école qui consiste à mettre quelques gouttes dans un bol d’eau bouillante et respirer les vapeurs. Ou on peut imbiber la mèche d’un inhalateur, comme les sticks Vicks qu’on trouvait autrefois (c’est plus facile à transporter qu’un bol d’eau!)

  • L’application sur la peau : Particulièrement utile pour les utilisations dermatologiques (acné, peau sèche et psoriasis, coup de soleil…) et « para-médicales » (douleurs musculaires, jambes lourdes…). Une dilution est indispensable (voir section 2).

  • L’ingestion : Je ne conseille pas d’ingérer des huiles essentielles sans l’avis d’un professionnel. C’est vrai, les huiles essentielles sont couramment utilisées comme additifs alimentaires, notamment les huiles d’herbes, épices et agrumes. Mais leur concentration dans la nourriture est très basse et un mauvais dosage peut facilement provoquer des problèmes sérieux.

2. Comment diluer les huiles essentielles

Comme le montre l’histoire relatée en introduction, il faut toujours diluer les huiles essentielles avant de les appliquer. Les huiles essentielles sont très concentrées et une application du produit pur peut provoquer des rougeurs et des brûlures. La dilution standard est de l’ordre de 2%, même si je vais jusque 5% pour une utilisation occasionnelle et localisée. Concrètement, ça veut dire qu’on utilise 2 ml d’huile essentielle dans 100 ml d’huile végétale. Comme ce n’est pas pratique de mesurer des millilitres, pour simplifier, on considère que 20 gouttes d’huile essentielle font 1 ml. Donc 2 ml font 40 gouttes, que l’on dilue dans 100 ml, soit environ 90 mg, d’huile végétale. Cela donne :

Huile essentielle            Huile végétale
40 gouttes                    100 ml ou 90 mg
20 gouttes                     50 ml ou 45 mg
10 gouttes                     25 ml ou 23 mg
4 gouttes                       10 ml ou 9 mg

Vous pouvez utiliser n’importe quelle huile végétale pour diluer : olive, amande, jojoba, etc. Évitez tout de même les huiles qui rancissent vite, comme le pépin de raisin. Vous pouvez même diluer dans un mélange d’huile et d’eau, par exemple, une crème ou un lait hydratant. Et vous pouvez aussi diluer dans l’alcool, même si je préfère ne pas utiliser d’alcool sur la peau. Les huiles ne se dilueront pas dans l’eau, sauf si vous utilisez un dispersant.

Bien sûr, en cas de diffusion, aucune dilution n’est nécessaire.

3. Précautions spécifiques à certaines huiles

Certaines huiles demandent des précautions supplémentaires si elles sont appliquées sur la peau :

  • Les huiles sensibilisantes peuvent créer des allergies si elles sont trop concentrées. Ex. l’ylang-ylang (dilution 0,7% maxi), le styrax et l’opoponax (0,6% maxi), le verbéna et le baume du Pérou (0,2% maxi), la mousse de chêne (0,1% maxi), la tagète (0,01% maxi). La bonne nouvelle, c’est qu’en dehors de l’ylang-ylang, ce ne sont pas des huiles très courantes…

  • Les huiles photo-sensibilisantes rendent la peau plus sensibles aux rayons UV et donc, aux coups de soleil. Mieux vaut les utiliser le soir ou les diluer fortement. Ex. la bergamote et le cumin (dilution 0,4% maxi), le citron vert (lime) (0,7% maxi), et dans une moindre mesure, le citron (2% maxi). Notez qu’il existe une huile de bergamote sans fucoumarine (aussi appelée « sans bergaptène ») qui n’est pas photo-sensibilisante.

  • Les huiles irritantes doivent être diluées plus que les huiles ordinaires. Ex. la citronnelle (0,7% maxi), la mélisse (0,6% maxi et 0,3% sur le visage), le girofle (0,5% maxi), le camphre (0,25% maxi), la cannelle (0,07% maxi pour l’écorce).

  • La gaulthérie ne doit pas être utilisée si vous prenez de l’aspirine ou tout autre source de salicylate de méthyle. Un excès de salicylate de méthyle peut être fatal.

4. Femmes enceintes, nourrissons et huiles essentielles

Le problème avec les huiles essentielles, c’est qu’elles sont peu réglementées et qu’il n’y a, à ma connaissance, pas d’étude complète et systématique sur leurs risques d’utilisation. Et c’est ainsi qu’arrive la question de leur utilisation par les femmes enceintes et allaitantes, et les nourrissons. Souvent, on recommande de ne pas utiliser d’huiles essentielles chez ces populations. La raison est que les huiles essentielles sont concentrées et pourraient être surdosées pour un fœtus ou un enfant en bas âge. Certains suggèrent que des huiles « douces » comme la lavande ou l’orange peuvent être utilisées sans problème, même chez les nourrissons, mais là encore, il n’y a pas vraiment d’étude qui valide ou invalide cette idée. Une partie de moi-même pense que les huiles essentielles ne sont pas nécessairement plus mauvaises que les parfums synthétiques, mais sans recherche pour le prouver, je continue à dire aux femmes enceintes et mères d’enfants de moins de 3 ans d’éviter les huiles essentielles. En particulier, l’eucalyptus et la menthe poivrée ne doivent pas être utilisées chez l’enfant au risque de créer des problèmes respiratoires.

Voilà la fin de ce petit tour d’horizon des huiles essentielles. Beaucoup de ces infos apparaissent déjà dans divers articles du blog mais je pense que c’est utile de tout avoir en un seul endroit !

Sources :
Standards de l’IFRA (International Fragrance Association)
Nature’s Gift
Learning About Essential Oils

Publicités

7 réflexions au sujet de « Comment utiliser les huiles essentielles en toute sécurité »

  1. Ping : La beauté par les plantes. Partie 1 : comment utiliser les plantes en cosmétique ? | Le blog de La Cheveche

  2. Bonsoir,
    Une chose me gêne car j’ai toujours appris ( que ce soit dans mes différents ouvrages ou même en formation sur les HE ) qu’il faut environ 35 gouttes d’HE pour faire 1 mL. Sachant que ce n’est pas très précis non plus, puisque tout depends de la T°C, du codigoutte et de la viscosité de l’huile…

    • Je suis surprise parce que j’ai toujours vu 20 gouttes par ml. Mais comme mes sources sont souvent anglo-saxonnes, peut-être que leurs codigouttes sont différents. Donc j’ai fait l’expérience. D’abord avec patchouli et encens à parts égales (pour mon huile anti-âge) : j’ai mis 15 gouttes pour 0,5 g. Ensuite, avec lavande et palmarosa à parts égales (pour mon déodorant) : j’ai mis 12 gouttes pour 0,5 g. En comptant une densité de 0,9, cela donne 22 gouttes par ml pour la lavande/palmarosa et 27 gouttes par ml pour le patchouli/encens. C’est un peu plus élevé que 20 gouttes par ml (j’imagine dû à la viscosité du palmarosa et patchouli), mais ça reste bien inférieur à 35 gouttes. Si vous tentez l’expérience, je serais curieuse de connaître vos résultats.

      • On voit bien la chimiste 😉
        Merci pour votre vérification, mes sources sont moins sûres qu’une vérification par soir-même. J’ai donc testé avec plusieurs huiles et je trouve comme vous en fonction de la viscosité entre 20 et 25 pour 1ml.
        Je suis technicienne de Labo, j’ai donc fait cela dans des conditions identiques avec le même matériel et la même température pour que ce soit reproductible.
        J’ai prélevé à chaque fois 1ml d’HE que j’ai transféré dans un flacon propre avec un codigoutte identique à chaque fois.
        Comme qui il vaut mieux vérifier ce quon nous dit en formation…
        Merci pour cet article et cette précision.

        Céline

      • Je suis rassurée de voir qu’on a les mêmes résultats. Effectivement, il vaut mieux toujours vérifier ce qu’on nous dit…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s