On ne naît pas parfumeur, on le devient

"orgue" à parfums

Ouah, on peut en faire du parfum avec ça ! (Photo du Musée Fragonard, Grasse)

À force de renifler plein d’huiles essentielles lors de la fabrication de mes savons et crèmes hydratantes, j’ai fini par avoir envie de les mélanger pour fabriquer du parfum. Techniquement, faire du parfum n’a rien de compliqué : il suffit de diluer un mélange d’essences dans une base neutre (alcool ou huile généralement). Non, là où ça se complique, c’est dans le choix et le dosage des essences à mélanger. Il y a eu beaucoup d’essais et d’erreurs, beaucoup de lecture aussi. Soyons honnête, je suis loin d’être devenue parfumeuse en quelques semaines. Mais j’ai découvert plein de choses intéressantes quant à l’art délicat du parfum. Et je les partage avec vous. Peut-être aurez-vous envie d’essayer à votre tour de rivaliser avec Lancôme…

Le B.A-BA du parfum : les notes de tête, de cœur et de fond

Un parfum équilibré doit être fait d’un mélange de notes de tête, de cœur et de fond. Ces termes représentent la durée d’une essence. Les notes de tête sont les premières que l’on sent dans un parfum, mais elles disparaissent assez vite (10-60 min). Dans le cas des huiles essentielles, ce sont souvent des huiles d’agrumes et épices. Les notes de cœur suivent les notes de tête et restent dans le parfum quelques heures. Souvent des odeurs florales. Enfin, les notes de fond sont cachées au fond (!) du parfum mais ce sont elles qui sentent encore quand toutes les autres se sont évaporées. Elles tendent à être des notes résineuses et boisées. Un parfum sans notes de fond disparaîtra trop vite. Un parfum sans notes de tête manquera de force. Un bon parfum contiendra donc un mélange des trois types.

Les familles de parfum : mix or match ?

Les parfums sont séparés par famille, par exemple florale, fruitée, hespéridée (à base d’agrumes), orientale, aromatique (fraîche et épicée) et boisée. Un parfum est généralement dominé par une ou deux familles. Ainsi les parfums pour jeunes filles sont souvent fruités, tandis que l’eau de Cologne est typiquement hespéridée. Néanmoins, rares sont les parfums qui n’utilisent qu’une famille d’essences. Prenons l’exemple de CK One : bien que ce soit avant tout un parfum hespéridé, il contient aussi des accords aromatiques et floraux.

Bâti pour durer : les fixateurs

Un des problèmes que peut rencontrer l’apprenti parfumeur est que ses parfums ne durent pas très longtemps comparés à ceux du commerce. C’est dû au manque de fixateurs. Les parfums du commerce contiennent souvent des fixateurs, c’est à dire des agents formulés pour que le parfum tienne sur la peau et s’évapore moins vite. Certains fixateurs ont une odeur par eux-même. Parmi eux, il y a des substances naturelles, tels les huiles d’encens, vétiver, baume du Pérou, benjoin et racine d’iris (les deux derniers peuvent être allergisants, donc il faut les utiliser avec précautions) et des produits synthétiques, tels le musc (le véritable musc d’origine animale est maintenant remplacé par une version synthétique). Quelques fixateurs synthétiques n’ont aucun parfum par eux-même. C’est le cas du diéthylphtalalte (DEP). Quand vous formulez un parfum, il est important d’utiliser environ 15% de fixateurs dans le mélange d’essences pour augmenter la durée du parfum sur la peau.

C’est un beau roman, c’est une belle histoire : le concept du parfum

Les parfumeurs commencent généralement à formuler leur parfum autour d’un concept. Ainsi la série de parfums Un Jardin d’Hermès est inspirée par des jardins des quatre coins du monde. De mon côté, je crée mes parfums autour d’une propriété des huiles essentielles. Par exemple, j’ai un parfum à base d’huiles anti-déprime (qui sent tellement bon qu’il me fait forcément sourire!). Utiliser un concept peut aider lors de la mise au point d’un parfum – et ça fait toujours une belle histoire à raconter.

Diluer ou ne pas diluer ? Telle est la question

J’ai lu des avis mitigés à ce sujet. Certains vous diront qu’il vaut mieux commencer en mélangeant les essences non diluées, et ensuite diluer ce blend dans l’alcool. D’autres pensent que seul un véritable « nez » peut apprécier correctement un blend non dilué et que pour un débutant, il est préférable de diluer les essences lors de la formulation. J’ai essayé les deux méthodes et je préfère diluer mes essences dès le départ. Si je travaille avec des essences non diluées, mon nez se retrouve vite en surcharge sensorielle ! J’aime travailler avec une dilution de 20%, ce qui correspond à un extrait de parfum. Pour porter mon parfum, je dilue entre 15% (pour une eau de parfum) et 10% (pour une eau de toilette).

Voilà pour cette brève introduction au parfum. Et voici une ressource utile pour les anglophones qui veulent aller plus loin.

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