Comment lire les étiquettes de cosmétiques ? Partie 1 : Les ingrédients

Lire une étiquette de produit de beauté, c'est parfois le parcours du combattant...

Lire une étiquette de produit de beauté, c’est parfois le parcours du combattant…

On m’a plusieurs fois demandé pourquoi les ingrédients de mes cosmétiques étaient notés en anglais. J’explique alors que ce n’est pas de l’anglais mais le système international, et que légalement, je suis obligée de lister mes ingrédients comme ça. En même temps, je comprends la confusion de mes interlocuteurs… C’est pourquoi j’écris ce petit post pour vous expliquer les bases de la nomenclature INCI. Bouclez vos ceintures, c’est parti !

D’abord, INCI signifie International Nomenclature for Cosmetic Ingredients. Comme je le disais au-dessus, légalement, les producteurs de cosmétiques sont obligés de lister leurs ingrédients sous cette forme. Il y a de très légères différences entre la forme européenne et la forme américaine de l’INCI, mais globalement, c’est similaire. Les règles de base sont que les plantes, fruits et autres produits végétaux sont inscrits sous leur nom latin, et la majorité des autres termes sont écrits en anglais.

Voici quelques termes qui peuvent apparaître sur les étiquettes. D’abord, les ingrédients naturels :

aqua : eau. Généralement, l’ingrédient principal des shampoings, gels douches, crèmes et laits.

nom latin + “water” ou “flower water”, voire “leaf water” : eau florale de plante. Jusque là, c’est facile.

nom latin + “extract” : extrait de plante ou fruit. Les extraits peuvent être obtenus “à l’ancienne” en macérant les morceaux de plante ou fruit dans de l’alcool. Bien sûr, il existe aussi des méthodes plus sophistiquées de nos jours.

nom latin + “oil” : huile végétale ou huile essentielle. Quelques exemples sont l’huile d’olive (Olea europea oil), l’huile de coco (Cocos nucifera oil) ou l’huile d’argan (Argania spinosa oil). Pour les huiles essentielles, la lavande (Lavandula angustifolia oil) ou l’orange (Citrus sinensis oil).

nom latin + “butter” : beurre végétal, par exemple, le beurre de karité (Butyrospermum parkii butter) ou le beurre de cacao (Theobroma cacao butter)

nom + cera ou Cera + nom : cire naturelle, par exemple, la cire d’abeille (Cera alba) ou la cire de candelilla (Candelilla cera). Une exception : Cera microcristallina, une cire dérivée des produits pétrochimiques.

Femme lisant une étiquette de cosmétique

Bientôt, vous lirez les étiquettes aussi bien qu’elle !

Sodium + nomate ou Potassium + nomate : huile ou beurre saponifiés avec de la soude (Sodium, pour les savons solides) ou de la potasse (Potassium, pour les savons liquides). Inclut l’huile d’olive saponifiée (Sodium / Potassium olivate) et l’huile de palme (Sodium / Potassium palmate). Pour les végétariens, attention, Sodium / Potassium tallowate désigne du suif saponifié et Sodium / Potassium lardate, du saindoux.

Glycerin : la glycérine ou glycérol est une substance hydratante, formée naturellement lors de la fabrication des savons. Elle peut être d’origine végétale ou animale.

Stearic acid : un acide gras naturellement présent dans les graisses animales et végétales. Si vous ne voulez pas utiliser de graisses animales, faites attention de choisir de l’acide stéarique végétal, par exemple provenant de beurre de cacao ou de karité. La réaction entre l’acide stéarique et la glycérine donne le stéarate de glycérol (glyceryl stearate en version INCI), un émulsifiant commun.

Cetaryl alcohol : l’alcool cétéarylique est un mélange de deux alcools gras, l’alcool cétylique (cetyl alcohol) et l’alcool stéarylique (stearyl alcohol). L’alcool stéarylique est lui-même obtenu à partir de l’acide stéarique mentionné plus haut (vous suivez toujours?). L’alcool cétylique est lui aussi naturel, souvent d’origine végétale (venant de l’huile de coco).

Petit aparté : un alcool gras est très différent de l’alcool dénaturé. Contrairement à ce dernier, les alcools gras ne dessèchent pas la peau, au contraire. En fait, ils proviennent des acides gras, qui eux-même proviennent des graisses et huiles.

Alcohol denat. : alcool dénaturé. Utilisé en cosmétique, il contient des additifs qui le rendent imbuvable. Il risque de dessécher les peaux ou cheveux sensibles.

Parfum : désigne toute forme de parfum, qu’il soit naturel ou synthétique.

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Et voici les ingrédients (vraiment) synthétiques :

(Di)methicone ou -siloxane : les ingrédients finissant en “methicone” ou “siloxane” sont des silicones. Souvent utilisés pour lisser et cacher les imperfections, dans les après-shampoings et les fonds de teint.

Mineral oil ou Paraffinum liquidum : vous l’avez peut-être deviné, c’est une huile. Et plus exactement, une huile synthétique dérivée du pétrole.

Paraffin : une cire dérivée du pétrole.

Petrolatum : vaseline. Elle est aussi dérivée du pétrole, comme son nom INCI l’indique.

-paraben : conservateurs, soupçonnés d’être cancérigènes.

Phenoxyethanol : un conservateur et un éther de glycol. Quoique moins toxique que d’autres éthers de glycol, la FDA s ‘inquiète de ses effets sur les enfants (il serait neurotoxique et pourrait provoquer des vomissements).

Sodium laureth sulfate ou Sodium lauryl sulfate : détergents synthétiques souvent utilisés dans les shampoings, gels douches et mousses à raser. Ils peuvent être irritants, bien que le sodium laureth sulfate soit plus doux.

-glycol, en particulier Polyethylene glycol (PEG) et Propylene glycol (PPG) : alcools gras synthétiques, souvent utilisés comme hydratants. Le PEG et le PPG ont parfois mauvaise presse parce qu’ils peuvent être contaminés avec de la dioxine. Le PEG est aussi produit à partir d’oxyde d’éthylène, un composé pétrochimique toxique.

Laurethnombre : émulsifiants obtenu par réaction entre l’acide laurique, un acide gras naturel, et l’oxyde d’éthylène.

Cetearethnombre : émulsifiants obtenu par réaction entre l’alcool cétéarylique (voir ci-dessus) et l’oxyde d’éthylène.

-ethanolamine, en particulier Diethanolamine (DEA) et Triethanolamine (TEA) : émulsifiants obtenus par réaction entre l’ammoniaque et l’oxyde d’éthylène (encore lui !)

Carbomer : un acide organique qui aide à épaissir les liquides et fonctionne aussi comme émulsifiant. Il dérive du propylène et peut être irritant.

Tetrasodium EDTA : il sert à augmenter l’activité des autres ingrédients en bloquant les ions qui pourraient réagir avec eux. Synthétisé à partir de composés inquiétants, dont du formol et des sels de cyanure. Si ça peut vous rassurer, le tetrasodium EDTA ne traverse pas la peau

Pour conclure ce (pas si) petit post, une excellente ressource si vous vous demandez ce qu’il y a dans votre shampoing ou votre crème : le moteur de recherche ingrédients de l’Observatoire des Cosmétiques. La semaine prochaine, je parlerai des autres indications présentes sur l’emballage (ça devrait être plus court…).

 

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